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jeudi 6 août 2015

Nous

nous
Paris, Amsterdam, Munich, Vérone, Venise, Florence, Rome, Naples. Le Louvre, le musée Van-Gogh, la place Saint-Marc. Terrasses ensoleillées, trattorias bondées : l'été s'annonce chargé pour les Petersen. Douglas, le père, est extatique. Connie, la mère, est plus mesurée. Pour Albie, leur fils de dix-sept ans, c'est carrément l'enfer. Et pour tous, c'est peut-être l'occasion d'un nouveau départ. 

Je fais partie de ceux qui ont adoré One day de David Nicholls. Je n'ai pas lu ses autres romans, mais j'étais particulièrement emballée à la lecture du résumé de son dernier livre. Un voyage à travers l'Europe en compagnie d'une famille dysfonctionnelle en quête d'un second souffle, je suis partante. Pourtant je ne peux vraiment pas dire que je ressors convaincue de cette lecture.

D'abord, et surtout, je n'ai pas aimé les personnages que j'ai trouvés ennuyeux pour l'un et invivables pour les autres. Tout en prenant des airs de victime, Douglas, le narrateur, porte un regard condescendant sur sa femme et son fils. Son ton plaintif de pauvre malheureux tentant désespérément de faire ou de dire ce qu'il faut m'a rapidement tapé sur le système. Sans parler de Connie et Albie, irresponsables et lâches. Quand on met les trois ensemble, on se demande sincèrement comment ce mariage a pu durer autant de temps.

J'ai aussi été peu convaincue par la structure narrative du roman qui est découpé en chapitres courts alternant le passé et le présent. Nous suivons donc d'un côté la famille Petersen au cours de son périple européen, et de l'autre, nous avons Douglas qui raconte l'histoire de sa famille. Cette double narration plombe le rythme du récit qui se veut pourtant soutenu. Personnellement, j'aurais préféré me trouver davantage dans le présent. Rien n'empêchait d'y intégrer des souvenirs, je pense que ça aurait évité cette sensation de coupure systématique. De plus, les passages dans le passé sont souvent inutilement longs, et on traine les pieds...

Pourtant, certaines des idées abordées sont intéressantes, notamment celle du couple à l'aube de la séparation. Comment appréhender cet entre-deux, comment se dire au revoir sans pour autant se dire adieu, ou encore comment accepter une séparation imposée ? Existe-t-il un geste miraculeux qui fera changer l'autre d'avis ? Autant de questions auxquelles Douglas, en bon scientifique, tente d'apporter une réponse logique. Mais l'ensemble est finalement assez ennuyeux et très prévisible. On tente désespérément de rejoindre les Petersen en Europe, mais Douglas est incapable de rendre compte de l'ambiance d'une ville autrement qu'en décrivant platement ses artères principales. Et je ne parle pas des musées et des oeuvres d'art dont il nous parle. Il est tout simplement barbant. Si on rigole de temps à autre, cela se fait toujours aux dépens du narrateur, ce qui a tendance à lasser au bout d'un certain moment. Je ne parle pas non plus du dernier tiers du livre, où l'auteur ne fait vraiment pas dans l'originalité...

En bref, une belle déception. Je pense que si je m'étais prise d'affection pour le narrateur, j'aurais pu passer un moment sympathique avec ce roman, en dépit de ses autres défauts. Malheureusement, ça n'a pas été le cas.  Si certains d'entre vous l'ont lu (ou pas), je serais ravie de connaître votre point de vue.

Nous, David Nicholls, Belfond, 2015, 477 p.