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jeudi 8 janvier 2015

2014 in books

La première semaine de janvier s'est achevée hier, et je ne me suis toujours pas attelée au traditionnel bilan. Je sais qu'on en voit un peu partout en ce moment, mais comme je n'ai pas blogué toute l'année, je trouve que c'est un bon moyen de cloturer 2014 et de commencer la nouvelle année sur de nouvelles bases.

Préparer ce bilan m'a fait réaliser que 2014 n'aura pas été une année particulièrement riche en lectures. Je n'ai lu qu'une bonne cinquantaine de livres. Parmi eux, certains ont été de vraies révélations, d'autres de très bonnes lectures. Mais surtout, il y a surtout eu des livres sympas, c'est-à-dire, des livres qui m'ont divertie et que j'ai aimé, parfois sans plus, mais qui n'ont pas non plus été particulièrement mémorables. J'ai un peu l'impression d'avoir eu une année à "trois étoiles", pour vous donner une idée plus précise de mon ressenti. Pas mauvaise, mais pas exceptionnelle.

C'est aussi pour ça que je ne vais pas faire un Top 10, car il y en a certains dont je forcerais l'entrée, et qui finalement n'ont pas vraiment leur place à côté d'autres que j'ai absolument adoré et qui ont considérablement enrichi ma vie de lectrice. Je vais donc plutôt opter pour un bilan rédigé, et plus nuancé.


Si je ne devais retenir qu'un seul livre de mon année, ce serait A tree grows in Brooklyn de Betty Smith sur lequel je ne vais pas encore m'étaler. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez aller lire ma chronique en cliquant sur le titre. J'ai également été totalement transportée par To kill a mockingbird d'Harper Lee, autre monument de la littérature américaine. Juste derrière arrivent Les oreilles de Buster de Marie Ernestam et  The rain before it falls de Jonathan Coe. Deux merveilleuses découvertes que je recommande chaudement. Je n'ai pas rédigé de billet sur le premier mais vous pouvez en savoir plus sur le second par ici.

Je continuerai en mentionnant le premier tome des aventures de Flavia de Luce, The sweetness at the bottom of the pie d'Alan Bradley. Et puis il y a eu la découverte des aventures de Cormoran Strike avec The cuckoo's calling que j'ai particulièrement apprécié. Deux livres dont les suites seront lues en 2015, c'est certain.

En 2014, j'ai également découvert Rainbow Rowell dont on ne cesse d'entendre parler sur les blogs ou Youtube. J'ai lu Fangirl et Eleanor & Park que j'ai tous deux aimé pour des raisons similaires, bien que les deux romans soient assez différents. Rainbow Rowell a le don de construire des personnages très attachants, dans une histoire simple, mais efficace. De plus, ses histoires ont toutes les deux un contexte particulier. Le premier parle de fanfictions, et l'autre se passe en 1986. C'est toujours le petit plus qui fait qu'ils se démarquent des autres du genre.

Pour terminer cette partie, je citerai ma rencontre avec Barbara Constantine qui m'a fait passer de charmants moments avec Et puis Paulette... et Tom petit Tom tout petit homme. Ce sont des livres courts qui se lisent en très peu de temps et qui mettent du baume au coeur. Ne vous en privez pas.


En jeunesse, je retiens les premiers tomes des Folles aventures d'Eulalie de Potimarron d'Anne-Sophie Sylvestre, Lili Goth de Chris Riddell, The Spiderwick chronicles d'Holly Black et Tony Ditterlizzi ainsi que Madame Pamplemousse et ses fabuleux délices de Rupert Kingsfisher. Des séries que j'aimerais poursuivre et terminer en 2015 (mise à part pour Lili Goth dont le 2ème tome n'est pas encore sorti).

Ce que j'ai apprécié en 2014, c'est d'avoir consacré un peu de temps à la relecture. J'ai relu deux romans d'Agatha Christie (Murder on the Orient Express, Death on the Nile), ainsi que les quatre premiers tomes d'Harry Potter. Depuis le temps que je me dis que je vais les relire, je peux vous assurer que c'est une grande satisfaction de m'y être remise ! Et là également, sans surprise, c'est toujours un plaisir qui ne connait pas de limites.

Autre bon point de l'année dernière : j'ai renoué avec les bandes-dessinées. J'en ai lu énormément durant mon enfance, mais c'est un genre que j'ai ensuite injustement délaissé. J'ai découvert quelques pépites comme Les carnets de Cerise ou La vraie vie d'Agatha ou encore Wika, Une rue en AmériqueBlacksad (non non, je ne lorgne pas sur l'intégrale), et les deux adaptations des deux premiers tomes de Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh par Cati Baur qui se sont toutes révélées de pures merveilles.


A part ça, j'ai eu une grosse déception avec L'éveil de Mlle Prim de Natalia Sanmartin Fenollera ainsi qu'avec Cyanure de Camilla Läckberg, plus récemment, mais dans une moindre mesure, en raison de la taille du livre et les attentes que j'y avais placées. Bien qu'Agatha Doyle au service de sa majesté de Caroline Triaureau avait tout pour me plaire, ça n'a pas fonctionné non plus, dommage... Je n'ai aussi que très moyennement apprécié Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson.

Je remarqué que la plupart de mes "bonnes" lectures sont arrivées en deuxième partie d'année. Il faut dire que j'ai été occupée par mon déménagement et mon installation au début de 2014. Je n'avais pas vraiment envie de lire, et je n'en avais pas vraiment le temps non plus. J'ai du inconsciemment (ou consciemment, en fait) me plonger dans des livres qui me demandaient moins d'attention et d'investissement. Aussi, je n'ai rien lu de Alexander McCall Smith en 2014, mais qu'est-ce qu'il se passe ? Il faut que ça change en 2015 ! Mais tout ça, ça sera pour le billet sur les bonnes résolutions :-)

Et vous ? Quel est votre ressenti sur votre année de lecture ? Des coups de coeur, des déceptions ?


dimanche 7 décembre 2014

The rain before it falls

S'il y a une chose que je suis est fière d'avoir accompli en 2014, ce sera celle d'avoir ouvert mon premier Jonathan Coe. Ce dernier fait partie de ces auteurs dont presque tous les écrits me tentent, mais que pour une raison ou une autre, je n'ai jamais lu. Je vis la même chose avec Nick Hornby. Promis, je répare ça en 2015.

The rain before it falls est un roman que j'ai beaucoup aimé et qui m'a beaucoup marquée et émue. L'histoire commence lorsque Rosamund, la tante de Gill, décède. Gill est alors chargée de mettre de l'ordre dans ses effets personnels, et parmi ceux-ci, une enveloppe destinée à Imogen, une personne dont on ne sait pas grand chose, et que Gill tente vainement de retrouver. Après un certain temps de recherche, et ne sachant pas trop comment agir, Gill ouvre l'enveloppe et y trouve un ensemble de cassettes audio qu'elle décide d'écouter en compagnie de ses filles. Le récit laisse alors la  parole à Rosamund qui commence à raconter son histoire, celle de son amie et cousine, Beatrix, ainsi que de la fille et petite-fille de cette dernière. Pour ce faire, elle se base sur une série de vingt photos soigneusement choisies.

Places like this are important to me - to all of us - because they exist outside of the normal timespan. You can stand on the backbone of the Long Mynd and not know if you are in the 1940s, the 2000s, the tenth of eleventh century... it is all immaterial, all irrelevant. 

La narration fait preuve d'une maîtrise assez impressionnante. C'est assez fascinant de voir comment les supports de communication s'imbriquent et se font écho. L'histoire nous est introduite par l'intermédiaire de Gill et ses filles qui, elles, en prennent connaissance par le biais d'enregistrements audio, eux-mêmes reposant sur des photographies. Pourtant le tout nous est livré par voie écrite.

What a deceitful thing a photograph is. They say that memory plays tricks on one. Not nearly as much as a photograph does, in my view. 

Si cela peut paraître compliqué, il n'en est rien. L'ensemble est très maîtrisé, et la narration fluide. J'avoue qu'il m'a fallu un certain temps pour m'attacher aux personnages, et donc à l'histoire. Mais quand j'y réfléchis, je pense que cela fait partie intégrante du récit. Car au fond, qui en est réellement l'héroïne ? Gill, Rosamund, Beatrix, Thea ou Imogen ?

"Well, I like the rain before it falls". Rebecca smiled at that, but I said (very pedantically, I suppose): "Before it falls, though, darling, it isn't really rain" (...) "Of course there is no such thing", she said. "That's why it's my favourite. Something can still make you happy, can't it, even if it isn't real ?" 

J'ai vraiment beaucoup aimé le style de Jonathan Coe, qui est un véritable conteur. Lorsqu'il donne la parole à Rosamund, on entend sa voix, avec les grésillements de la bande son en arrière-plan. Les photographies s'imposent à notre imaginaire, elles sont presque palpables, et on imagine leurs coins cornés et leurs couleurs défraîchies par le temps. C'est assez remarquable, quand on y pense. Le personnage de Rosamund est celui que j'ai préféré. Avec sa personnalité discrète, elle a eu le courage de mener une vie qui ne l'a jamais complètement satisfaite, et qu'elle a pourtant réussi à apprécier. Elle a toujours pu mesurer la grandeur de ses pertes et a appris à vivre avec ses blessures. C'est quelqu'un de lucide et pragmatique, mais qui sait aussi se laisser guider par ses sentiments. Pourtant, le courage de ses opinions lui a manqué à plusieurs reprises (notamment par rapport à Beatrix). Bref, c'est un personnage d'une grande humanité, complexe et tellement beau. J'aurai tellement aimé en savoir davantage sur elle et sur sa vie, finalement très moderne pour l'époque.

As usual, I am supposed to be describing a photograph, and everything has gone higgledy-piggledy. But perhaps there isn't a right order, anyway. Perhaps chaos and randomness are the natural order of things. I sometimes think so.

The rain before it falls vous laissera à la fois nostalgique et mélancolique. Ce court roman (trop court ?) nous livre le destin de trois générations de femmes de façon brillante et très juste. Il parle d'amour, de perte, de chagrin et de blessures dont la cicatrice reste douloureuse malgré les années. C'est un livre qui est habité, qui bouscule les conventions sociales et tente de fissurer leur vernis à la fois fragile et bien trop épais pour dévoiler ce qu'elles cachent secrètement. J'ai parsemé mon billet de quelques passages qui m'ont particulièrement touchée... Ai-je réussi à vous tenter ?

(...) life only starts to make sense when you realize that sometimes - often - all the time - two completely contradictory ideas can be true.

The rain before it falls, Jonathan Coe, Penguin Books, 278 p.