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lundi 30 mai 2016

Dans son propre rôle


Fanny Chiarello dresse habilement et délicatement les portraits de deux femmes aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Fennella est domestique au sein d'un manoir dans la campagne anglaise. Un traumatisme l'a laissée muette, et c'est dans une ambiance feutrée et discrète que nous faisons sa connaissance. Jeanette est quant à elle femme de chambre au Grand Hôtel de Brighton. Elle a perdu son mari, Andrew, durant la guerre. La relation fusionnelle qu'ils entretenaient la rend aujourd'hui bien incapable de s'imaginer continuer à vivre autrement que dans un état semi-éveillé baigné des souvenirs qui habitent constamment son esprit écorché. Une lettre envoyée à la mauvaise adresse va permettre à ces deux femmes d'entrer en contact et de renverser leurs destins en s'octroyant à chacune la possibilité de vivre à nouveau.


Dans son propre rôle est un roman magnifique duquel s'échappent une grâce et une subtilité qui rendent l'histoire forte et émouvante. Les voix de Fennella et de Jeanette s'alternent et se font écho au fil des chapitres tout en gardant leur singularité. Dans la première partie du récit le lecteur prend conscience tout ce qui les distingue et de tout ce qu'elles sont susceptibles de s'apporter mutuellement, avec en filigrane l'évocation d'une passion commune pour l'opéra qu'elles s'approprient chacunes de façon très personnelle. La seconde partie du roman est quant à elle orientée vers la confrontation des deux univers et histoires des jeunes femmes, avec notamment des moments particulièrement intenses qui ne laisseront aucune d'elles indifférentes. La troisième et dernière partie donne la parole à des héroïnes plus apaisées et offre une belle conclusion à ces destins abîmés mais ô combien résilients.

Fanny Chiarello apporte également une réflexion sur la place que l'on occupe dans le monde, entre celle que l'on se donne et/ou qu'on nous donne et celle vers laquelle on a le courage de tendre. Car les histoires respectives de Fenella et de Jeanette sont aussi de formidables histoires d'émancipation, autant 'physiques' que psychologiques, les deux étant forcément liées. Toutes deux s'offrent la possibilité de se libérer de leur traumatisme et de s'affranchir de la position que la société leur a autrefois attribuée. Car les règles qui régissaient celle-ci apparaissent chaque jour plus absurdes aux yeux de ceux que la guerre a réveillés, et qui pour la première fois s'autorisent à imaginer une réalité à ce qui n'était autrefois que de doux rêves d'idéalistes. 

★★★★ | Dans son propre rôle, Fanny Chiarello, Points, 2015, 229p.

lundi 8 février 2016

L'orage rompu


L'année dernière, j'ai découvert La plage d'Ostende de Jacqueline Harpman et ce fut une révélation. J'ai adoré ce roman de bout en bout, en me délectant de chaque passage, et me faisant retomber amoureuse encore et encore de la merveilleuse langue française, tellement riche et savoureuse sous la plume d'Harpman. Et j'ai retrouvé ce plaisir littéraire avec L'orage rompu. Ce court roman écrit à la première personne nous raconte l'histoire de Cornélie, une femme d'âge mûr venant d'assister aux funérailles de son ex-mari à Paris. Alors qu'elle débute son récit, elle se trouve dans le train qui la ramène à Bruxelles. Elle vient d'y faire la connaissance d'Henri, son voisin de table au sein de la voiture restaurant. Une complicité nait entre eux, et ils se retrouvent à parler de leurs vies respectives de façon plus ou moins intimes.


En confiant tout un tas d'anecdotes sur son enfance, son adolescence ou encore sa vie de femme, Cornélie passe sa vie en revue, les moments importants de son existence, les choix dont elle sait avec le recul qu'ils ont été décisifs; mais aussi les évènements et personnes qui ont fait partie de sa vie à un moment donné et qui l'ont marquée de leur empreinte. L'occasion pour l'auteur de disséquer le psyché de son héroïne en lui offrant, ainsi qu'au lecteur, toutes les clés de lecture nécessaires. Elle la confronte à ses propres contradictions, et à ses désirs. Cornélie nous parle en toute franchise de ses peurs, de ses insécurités de femme, de mère, d'ex-épouse ou d'amante, en apportant une réflexion à la fois directe et poétique sur ses sentiments. On y découvre les traits d'une femme qui se sent souvent indécise et faible, mais qui se révèle au fil des pages extraordinairement forte et touchante.
"Derrière les images familières qui forment le décor apparent de cette scène intérieure que nous nommons notre histoire, un autre récit se cache, silencieux et pathétique, gonflé par les aveux qui n'ont pas été faits, les regrets qui n'ont pas été dits, les chagrins dissimulés par pudeur et que nous avons déchiffrés sans nous en rendre compte entre les regards qui se dérobaient et les sourires forcés de ceux que nous aimions."
Ce monologue nous est livré en un seul morceau, sous sa forme la plus brute. Les confidences de Cornélie nous permettent de retracer le cheminement de sa pensée, la façon dont les évènements formateurs de son existence et de sa personnalité l'ont conduite à prendre la décision qu'elle va prendre à la fin du roman. L'auteur se concentre sur tous ces petits souvenirs et ressentis auxquels fait appel notre mental lorsqu'il est confronté à ce genre de situation où l'on sent que tout ce qu'on a connu jusque là ne tient plus qu'à un fil. Quels sont ces mécanismes psychologiques qui s'enclenchent et qui nous poussent d'un côté ou de l'autre du précipice, nous faisant basculer entre la soumission au désir qui nous habite et la sécurité de l'acte manqué ?

C'est merveilleusement bien écrit. L'humour d'Harpman, vif et subtil, parsème son texte et nous fait aimer une héroïne qu'on aurait tout aussi bien pu détester. Si je regrette certains passages un peu longuets, le roman, pourtant dépourvu de chapitres, garde un certain rythme et cultive même un suspense dont la finesse n'égale que celle de la psychologie avec laquelle l'auteur tisse son texte. Je recommande sans hésiter.
"(...) ce regard qui ne me lâchait plus et qui provoquait en moi l'étrange transmutation. Mais est-ce soi ou l'autre qui change ? Et quelque chose change-t-il ? Ou cesse-t-on brusquement de lutter contre la transformation qui a eu lieu d'emblée, dès le premier instant, reconnaît-on que l'on a passé la ligne et déjà fait plusieurs pas de l'autre côté, quitté la tiédeur quotidienne, le climat étale de la quiétude dont on avait prétendu que c'était du bonheur ? Admet-on enfin que la tempête s'est levée et que les vagues sont fortes, le vent gonfle la voilure, on est en haute mer, il n'y a plus aucune terre en vue mais seulement les écueils mortels où l'on risque de se heurter, le danger des naufrages et la folie qu'il ne faut pas retenir, l'appel adorable des sirènes qui couvre la clameur des flots et ce trouble profond dont l'invasion est exquise, on en mourra peut-être, certainement, à coup sûr, mais qu'importe ! Vive la mort qui nous emporte triomphants dans les bras du plaisir, vive le déchaînement absolu, la perte de soi, l'oubli de toute réalité."

mardi 26 janvier 2016

Les Outrepasseurs

Je viens de terminer le dernier tome de la trilogie des Outrepasseurs de Cindy Van Wilder que j'avais commencée il y a déjà quelques mois. Une fois le deuxième volet ouvert, je n'ai pu qu'enchaîner avec le dernier tome. Ces deux derniers volumes se sont révélés hautement addictifs !


Résumé (sur base du premier tome - pas de spoilers) :
Un soir, alors qu'il rentre chez lui, Peter est victime d'une attaque. Sauvé de justesse par sa mère, il est emmené dans un endroit à l'atmosphère étrange, Lion House, où on lui révèle qu'il appartient à une société secrète appelée Les Outrepasseurs. Sur place, il fait la connaissance d'autres adolescents qui découvrent en même temps que Peter ce nouveau monde dont ils n'avaient jusqu'alors jamais soupçonné l'existence. Ils rencontrent également le chef de cette étrange association : Noble, que tous nomment cérémonieusement Monseigneur, y compris la mère de Peter, Hermeline, qui lui semble être totalement soumise. L'homme a une apparence terrifiante qui ne se dégage pas uniquement de sa présence écrasante, mais aussi de son visage défiguré dévoilant une âme de guerrier qu'il faudrait être sot pour défier. Noble indique à la nouvelle génération, les héritiers, qu'ils sont sur le point de subir une épreuve d'initiation à l'issue de laquelle sera décidée leur appartenance ou non au monde des Outrepasseurs. Cette appartenance sera alors scellée d'un serment d'allégeance aux lois qui régissent la société secrète, mais surtout à son redoutable maître.

Je ne pense pas qu'il soit utile de vous en dire plus pour éveiller votre intérêt. Et ce que je peux vous confirmer, c'est que l'ensemble de la trilogie s'avère aussi prenante que les prémices de l'histoire qu'elle renferme. Le monde des Outrepasseurs est un monde dans lequel il est passionnant de se plonger, qui ne souffre d'aucun temps mort et qui jouit d'une maîtrise de narration au rythme imparable, et plutôt cruel, pour nous, lecteurs en soif d'aventures se retrouvant obligés de reposer notre lecture pour pallier aux banales exigences de notre condition de mortel.

Si le premier tome présente toutes les caractéristiques d'un tome introductif, principale reproche qui a été formulée à son égard d'ailleurs, il n'en est rien des deux volumes suivants qui libèrent le flot narratif dont l'auteur nous avait jalousement dissimulé la teneur mais dont on ne manquait pas de percevoir la force. C'est d'ailleurs ce que j'avais beaucoup aimé à la lecture du premier tome; cette impression de tenir en main toutes les clés d'un mystère dont je ne comprenais pas encore le contenu mais dont je percevais le très haut potentiel.

Nous sentons de suite que l'histoire que vivent nos héros sera partie intégrante de l'Histoire des Outrepasseurs, et qu'elle ne sera pas reléguée au rang d'anecdotes dont pourront se délecter les futures générations de guerriers. D'où bien entendu l'importance du premier volume qui pose des bases essentielles à toute l'histoire que tisse ensuite Cindy Van Wilder. Une histoire sombre et sans pitié, à l'image des personnages qui en sont à l'origine. A travers les épreuves et les décisions auxquelles elle soumet ses personnages, l'auteur analyse les tréfonds de l'âme humaine en montrant comment ce qui était à la base une malédiction a été transformée en une force redoutable; et comment celle-ci a façonné les âmes de ceux qui en détenaient les rennes pour petit à petit leur faire oublier la fine frontière séparant le bien du mal. Cependant rien n'est manichéen ou trop facile dans la façon dont l'auteur aborde ces sujets. Peter lutte davantage contre une institution et un système que contre une personne en particulier. Même si Noble en est l'incarnation et que le jeune homme lui voue une haine sans répit; en nous donnant un aperçu de ses pensées, l'auteur nous parle du poids des traditions et de cette soumission aux règles d'un système aussi bien rôdé que celui des Outrepasseurs dont la remise en question entraînerait pour ses plus fervents défenseurs un séisme au sein d'un système de valeurs perpétué depuis de nombreux siècles. Comme je le disais déjà dans mon billet sur le premier tome, rien n'est blanc, rien n'est noir, et chaque personnage oscille dans des nuances de gris tantôt claires, tantôt anthracites. Et c'est ce qui les rend encore meilleurs.

Un petit mot pour terminer sur l'écriture de Cindy Van Wilder qui donne une ambiance et un ton qui avalent l'histoire pour lui donner une forme autre, unique. Les romans ne seraient pas ce qu'ils sont sans la magie qu'elle y insuffle. On y retrouve cette ambiance glaçante, cruelle et sans pitié que l'on retrouve dans les contes dont elle manie les codes avec brio.

Lorsque j'ai refermé le dernier tome, je n'étais pas encore certaine de lui octroyer le coup de coeur. Mais je pense qu'après avoir écrit mes impressions, je ne pense pas qu'il soit encore nécessaire de me poser la question. En bref, si l'histoire vous tente, n'hésitez pas une seconde car cette trilogie figure parmi les plus réussies du genre.

jeudi 7 janvier 2016

Juste avant l'oubli

Aujourd'hui, je vous parle de Juste avant l'Oubli d'Alice Zeniter, un roman que j'ai lu à la fin de l'année dernière et qui m'a énormément plu.

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Le roman commence alors que Franck rejoint Emilie sur Mirhalay, un île perdue des Hébrides écossaises. Celle-ci vient de commencer une thèse sur Galwin Donnell, un auteur de polar très réputé autour de la mort duquel plane encore aujourd'hui un mystère qui ne manque pas d'abreuver les théories des chercheurs. Tous les trois ans se tiennent sur Mirhalay, l'ile où l'écrivain a vécu et disparu, des Journées d'Etudes consacrées à l'auteur. Au cours de celles-ci, les intellectuels se font mousser autour de diverses théories et analyses qui n'ont pour seul but que d'étoffer leurs égos respectifs.

En nous racontant l'histoire de Franck et Emily, Alice Zeniter dresse une toile de réflexions sur le couple, les relations humaines, et notamment cette idée selon laquelle l'être humain a besoin d'un "témoin" à sa vie afin d'en faire quelque chose de tangible - une idée qui prend encore davantage son sens dans le succès que connaissent aujourd'hui les réseaux sociaux. Elle nous parle aussi de la solitude, des obsessions de certains qui deviennent les cauchemars des autres, du statut de l'écrivain et celui de lecteur, sans oublier le milieu universitaire et ses préoccupations parfois vaines dont elle tire un portrait délicieusement amer. Les nombreux sujets abordés ainsi que sa construction unique font de Juste avant l'Oubli un roman difficile à classer.

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Le roman se partage en effet entre toute une série d'éléments différents qui s'imbriquent et se font écho les uns aux autres. L'auteur nous parle d'un couple en fin de vie, mais aussi de la vie insulaire et des réalités les plus bouleversantes que celle-ci implique. Elle nous plonge dans des interviews factices d'un écrivain qui n'a jamais existé, écrivain dont elle cite à de nombreuses reprises des passages de romans. Mirhalay sort elle aussi de l'imagination de l'auteur. Pourtant au fur et à mesure qu'on avance dans notre lecture, on y croit. On y croit tellement qu'on se surprend à s'interroger sur l'exacte position de cette île à l'histoire glaçante, et à se dire qu'on aimerait nous aussi nous faire notre propre idée sur l'univers de Galwin Donnell. Peut-être est-il publié chez Babel Noir ? Le livre emprunte même parfois le genre des romans de Donnell en adoptant à plusieurs reprises des allures de polar. Savoureusement inclassable.

Le ton est audacieux et désabusé, noirci pile comme je l'aime. Les réflexions apportées par l'auteur ne laissent certes pas beaucoup de blancheur à l'âme humaine, mais c'est surtout une forme d'honnêteté qui ressort de notre lecture. Comme une volonté de nous donner des pistes plutôt que de pointer honteusement du doigt. C'est subtil, savoureux et particulièrement novateur. Et c'est parfait pour cette période grise et pluvieuse.

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Un court passage que j'aime beaucoup :

Il comprit pourquoi Jock, écrasé par la magie de Mirhalay dont il se sentait le seul dépositaire, n'avait jamais pu se décider à abandonner cet endroit. Il comprit, enfin, à quel point la vie ici avait pu être une prison pour le gardien et sa famille du seul fait que l'ailleurs n'offrait rien de comparable.

lundi 23 novembre 2015

California Dreamin'

A part quelques dessins par-ci par-là, je n'avais encore rien lu de Pénélope Bagieu. Il y avait La page blanche qui me tentait beaucoup, mais je ne sais pas trop pour quelle raison, je n'avais pas encore sauté le pas. A croire que j'attendais sans le savoir sa dernière publication. Je ne sais pas si j'ai bien fait d'attendre, mais ce qui est certain, c'est que California Dreamin' est un petit bijou, tant sur le fond que sur la forme.

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Ce roman graphique se fait le gardien d'une histoire aussi intense que savoureuse. Il vous emportera sur un chemin de 272 pages merveilleuses où vous ferez la connaissance d'un personnage irrésistible, celui de Cass Elliot, ou Ellen Cohen de son vrai nom, la chanteuse du groupe The Mamas and the Papas. Nous suivons Cass depuis sa plus tendre enfance jusqu'à la formation du groupe et l'aube de son succès.

Le roman est découpé en différents chapitres se concentrant à chaque fois sur une personne de l'entourage de Cass, tout en gardant toujours la jeune fille/femme au centre. Cela donne une construction intéressante et originale, révélant toute la complexité de notre héroïne. Celle-ci a une personnalité exubérante cachant en réalité un certain mal-être et une volonté de trouver à tout prix sa place dans le monde. Le ton est tragicomique. Toutes les épreuves que vit Cass ne sont pas faciles, mais l'humour est toujours au rendez-vous. Elle a en effet un don pour les retournements de situation et pour tirer des évènements les plus tristes une note de positivité et d'humour. Le trait crayonneux noir et blanc de Pénélope Bagieu est superbe, il donne au roman une dimension sobre tout en recréant parfaitement l'atmosphère psychédélique et la vivacité des années 60-70. Ce qui est parfaitement remarquable quand on sait à quel point ces années-là furent innondées des couleurs les plus vives. En bref, allez-y les yeux fermés. 

Effet secondaire garanti : vous chantonnerez California Dreamin' pendant plusieurs jours ensuite.

dimanche 25 octobre 2015

Le livre des Baltimore

Que vous l'ayez lu ou non, je pense que quand on s'intéresse de près ou de loin à la lecture, on a forcément entendu parler du succès du roman La vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker. Dans Le livre des Baltimore, nous retrouvons le même héros, l'écrivain Marcus Goldman qui nous raconte cette fois l'histoire de sa famille, et plus précisément celle de sa famille vivant à Baltimore.

Les Goldman de Baltimore ont connu un Drame familial il y a des années, mais nous ne savons pas lequel et nous ne savons rien des circonstances qui ont mené à cet évènement tragique. Cependant, l'auteur (et/ou le narrateur?) choisit de l'évoquer directement. Marcus nous invite à faire la connaissance de son oncle, de sa tante et de ses cousins. Il nous raconte leur histoire et leur rend hommage.

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Je n'en dis pas plus car je ne veux surtout pas ruiner le suspense et la tension dramatique mis en place par l'auteur qui nous livre ici une histoire aussi prenante que bouleversante. J'avais oublié à quel point l'écriture de Joël Dicker était addictive, difficile une fois ouvert de renoncer à le dévorer en une seule bouchée. Le livre des Baltimore est un récit haletant dont le rythme soutenu est donné par une narration éclatée très bien maîtrisée. Joël Dicker emmène son lecteur à différentes époques sans jamais le perdre. Chaque chapitre en appelle un autre et très rapidement, vous vous retrouvez pris dans les filets d'un engrenage que vous peinez à arrêter. Pourtant, Le livre des Baltimore n'est pas un thriller, et il n'empreinte pas non plus les attributs du roman policier comme l'avait fait La vérité... Il est même empreint d'une certaine langueur, de la nostalgie du passé mais aussi d'une grande tristesse, sans jamais verser dans le mélodrame larmoyant.

Le roman jongle avec secrets de famille, jalousies, amours contrariées et liens fraternels absolus... C'est un roman qui parle avant tout de la grandeur des sentiments humains quels qu'ils soient, bons ou mauvais. Il nous rappelle que rien ni personne n'est tout blanc ou tout noir et que l'amour sous toutes ses formes est définitivement quelque chose d'aussi intangible qu'indomptable. L'auteur donne vie à des personnages magnifiquement nuancés. C'est beau, tragique, bouleversant. Et on pardonne aisément les ficelles de narration parfois un peu grosses ou les quelques répétitions par-ci par-là.

A travers le personnage de Marcus, Joël Dicker amène également une très belle réflexion sur le métier d'écrivain, sur les raisons d'écrire, sur les livres et ce qu'ils nous apportent et comment ils nous construisent. Le dernier paragraphe est un de ceux qui m'a le plus émue et qui a confirmé le coup de coeur dont j'avais déjà dessiné les contours au fil des pages. A découvrir sans hésiter. A noter qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu La vérité... préalablement.

mercredi 21 octobre 2015

Broadway - Une rue en Amérique

J'ai découvert le premier tome de Broadway, Une rue en Amérique un peu par hasard à l'automne dernier et aussi bien le dessin, l'ambiance que l'histoire m'avaient beaucoup plu. Nous sommes au début du 20ème siècle, et nous suivons les aventures de Fanny, une danseuse de revue qui tente de se faire sa place dans le milieu. La jeune femme, toujours de bonne volonté mais souvent maladroite a le don de se retrouver dans des situations délicates. Et l'espièglerie de son petit compagnon, un furet nommé Pâlichon, ne manque pas d'ajouter à son embarras. A la recherche d'une nouvelle place, elle est engagée par Lenny et George, deux frères qui ont décidé de reprendre le Chapman's paradise, le cabaret qui appartenait à leur défunt frère. Ils n'y connaissent rien au milieu de Broadway mais ils sont prêts à tout pour donner une seconde vie au Chapman's. C'est ainsi que les aventures de nos personnages principaux débutent...

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Cette bande-dessinée découpée en deux tomes est un vrai régal. Les dessins aux couleurs chaudes sont particulièrement réussis. Ils nous projettent dans l'ambiance new yorkaise du début du 20ème avec brio. Les personnages et leurs expressions ainsi que la dynamique des planches relèvent quant à eux du ravissement.

L'histoire n'a rien d'extrêmement originale, mais elle a tous les ingrédients pour plaire et vous faire passer un excellent moment. Le deuxième et dernier tome nous laisse un peu sur notre faim, et j'aurais personnellement accueilli volontiers un troisième volume, mais le récit se tient, et tout se termine sur une touche plus que satisfaisante. Il ne manquait pas grand chose pour que ça soit un coup de coeur ! Mais ce qui est certain, c'est que je les relirai volontiers lorsque l'envie me prendra de me plonger dans cette ambiance extraordinaire. A découvrir sans hésiter ! Je trouve d'ailleurs que ce spectacle en deux actes ferait un excellent cadeau de Noël.


jeudi 3 septembre 2015

Un dîner avec Cary Grant

J'ai reçu ce roman au printemps dernier (encore merci à Emjy), et je n'ai pas attendu bien longtemps avant de le découvrir tellement il me tentait. Aujourd'hui, vous avez enfin mon billet !

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Un dîner avec Cary Grant est le premier des deux tomes que comptera l'histoire racontée par Malika Ferdjoukh, et il se concentre sur Jocelyn, un jeune français débarquant à New York au lendemain de la seconde guerre mondiale pour y étudier la musique. Il arrive à la pension Giboulée où il se rend compte qu'il y a eu un malentendu en raison de la mixité de son prénom. En effet, la pension n'accueille que des pensionnaires féminines ! Mais grâce à son talent de pianiste et quelques bienheureuses coïncidences, Jocelyn va pouvoir y rester et occuper le sous-sol de la maison. Il fait alors la connaissance des jeunes filles logeant à la pension Giboulée: Chic, Dido, Manhattan et Hadley. Aspirant toutes à danser ou jouer sous les feux de Broadway, elles insufflent au roman toute la vie dont il est fait grâce à leurs personnalités et leurs vies palpitantes. Vous vous attacherez à chacune d'entre elles, à leurs secrets et leurs aspirations... Mais Jocelyn n'est pas en reste non plus ! C'est un jeune homme extrêmement charmant et courageux qui essaie tant bien que mal de s'adapter à sa nouvelle vie. Il apprend à connaître les coutumes américaines, et à s'intégrer dans ce nouveau milieu qui le fascine autant qu'il l'intimide. Cela donne lui à quelques scènes assez drôles et cocasses !

J'ai adoré me balader dans le New York de l'époque, frénétique, bohème et transpirant de créativité. Cette effervescence artistique crée un monde d'infinies possibilités, où chaque destin peut basculer grâce à quelques notes de piano bien envoyées ou quelques pas de claquettes innovés. Le style de Malika Ferdjoukh est coloré et décalé, à l'image de ce à quoi elle nous avait habitués jusqu'ici. Tout ce que j'aime ! Broadway Limited est un bon gros pavé tout doux qui vous donnera le sourire ; il vous fera également voyager et rêver. C'est drôle, émouvant, mignon, romantique aussi, et merveilleusement bien écrit. Tout ce que la littérature jeunesse a de meilleur à offrir, un vrai coup de coeur. J'attends le deuxième volet avec grande impatience !


dimanche 30 août 2015

Un roman anglais

1917, quelque part dans la campagne anglaise. Anna Whig, bourgeoise lettrée, mère d’un petit garçon de deux ans, Jack, persuade son mari Edward d’embaucher par courrier pour sa garde d’enfant une certaine George (comme George Eliot, pense-t-elle). Le jour où elle va chercher George à la gare, elle découvre qu’il s’agit d’un homme. Celui-ci va faire preuve d’un réel instinct maternel à l’égard de l’enfant, et finira pas susciter la jalousie d’Edward, qui pressent l’amour naissant entre George et Anna.

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Avec une grande subtilité, Stéphanie Hochet dresse le portrait d'une héroïne en proie aux questionnements de son existence, de sa place dans la société en pleine mutation, mais surtout au sein de sa famille. Anna laisse libre court à ses pensées qu'elle nous livre sans censure aucune, nous prenant à témoin de son mal-être et de son sentiment d'inadéquation. Elle parle de ses inquiétudes, de la guerre, et des changements que cette dernière a engendré. Elle évoque sa famille, son éducation. Elle parle de ses doutes concernant la maternité, sans pour autant remettre en question l'amour qu'elle porte à son fils. Surtout, elle évoque la façon dont l'arrivée de George a modifié la dynamique familiale.

Un roman anglais n'est pas une histoire d'amour comme le résumé du livre pourrait nous le faire entendre. Il s'agit davantage de mots échappés de la plume d'une femme face à l'absurdité du monde qui l'entoure et des freins que ce dernier a posé à sa liberté. C'est un roman qui transpire la féminité et qui pose délicatement le doigt sur la violence des sentiments inexprimés, réprimés même, et enfouis sous la glace, seul moyen de faire face à leur inquiétante intensité. A force de vivre dans un monde où rien ne doit être dérangé et où il vaut toujours mieux fermer les yeux, comment faire changer une réalité qui ne nous correspond plus ? L'arrivée de George au sein de la famille est l'évènement déclencheur du processus de réflexion d'Anna, tout comme son départ provoque en elle le besoin irrépressible d'agir. Mais la liberté absolue n'est-elle pas un mirage ?

Si Un roman anglais se place dans le contexte de la Grande Guerre et de ses champs de ruines, faisant parfaitement écho à l'esprit tourmenté d'Anna, les questions qu'il soulève restent quant à elles toujours pertinentes aujourd'hui. En bref, un roman court et intense enveloppé d'une plume délicate et intime évoquant l'émancipation féminine de façon aussi honnête que tragique.

Le roman serait en partie inspiré de la vie de Virginia Woolf. N'ayant que très peu de connaissances relatives à l'auteur et son oeuvre, je ne peux pas dire dans quelle mesure le roman lui rend hommage. Ce qui est sûr, c'est qu'il correspond à l'idée que je me fais de ses écrits dont la lecture me tente d'autant plus.


mercredi 26 août 2015

Premier jour/Première nuit

C'est l'été (même s'il est bientôt terminé), c'est le temps des voyages et de l'évasion. Pour ceux qui ne sont pas partis et qui auraient envie de s'échapper par l'imagination, le diptyque Le premier jour et La première nuit de Marc Levy est fait pour vous !

Dans ces deux romans, nous suivons les aventures d'Adrien, astrophysicien et de Keira, archéologue. L'un est en quête de l'heure zéro de l'Univers, l'autre recherche l'homme qui engendra l'humanité. Par la force des choses, ils vont se retrouver et un pendentif va les emmener au coeur d'un périple tourbillonnant fait d'escales à travers le monde. Ce fragment les aidera-t-il à trouver ce dont ils aspirent depuis des années ? L'aventure n'est pas sans dangers et la quête de nos héros sera semée d'embûches. Car il semblerait que ce qu'ils sont sur le point de dévoiler pourrait avoir des répercussions majeures sur notre façon d'appréhender notre existence, et la vie telle que nous l'avons perçue jusqu'alors. Certaines personnes sont bien décidées à les empêcher d'en savoir davantage.

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Entre Paris, Londres, Amsterdam, la Grèce, la Russie, la Chine, l'Ecosse ou encore l'Ethiopie, l'auteur nous trimballe dans une course folle qui ne connait aucun temps mort, et qui nourrira sans aucun doute le lecteur en quête d'aventures. J'ai trouvé que l'atmosphère propre aux différents lieux visités par nos personnages principaux était particulièrement bien retranscrite, et l'auteur parvient à faire défiler devant nos yeux des paysages aux antipodes les uns des autres. Il arrive presque à nous donner l'impression d'être aux côtés de Keira et d'Adrien, même si dans certains cas, nous sommes bien heureux de n'y prendre part uniquement grâce à notre imagination. Je pense plus particulièrement à une scène d'ascension de montagne...

La réflexion amenée par l'auteur sur l'origine de la vie est elle aussi assez intéressante, même si je l'ai trouvée inaboutie. Plusieurs éléments de l'intrigue restent non résolus ou sans explication, et je dois avouer que ça a suscité une pointe de déception lorsque j'ai tourné la page finale. Le rythme effréné de narration met en place une tension à laquelle la fin ne rend pas totalement justice. J'aurais aussi aimé en savoir davantage sur certains personnages. Mais je pense que c'était prévisible face à une intrigue de cette envergure.

Keira et Adrien sont des personnages auxquels on s'attache rapidement. Ils sont passionnés par leurs métiers et l'envie d'apporter leur contribution dans leurs disciplines respectives va bien au-delà de leur volonté de se distinguer et de flatter leur ego. Leur histoire d'amour est touchante, mais ne prend pas le pas sur l'intrigue principale. Elle est au coeur de certaines de leurs décisions, mais les quelques passages un peu mièvres (je dois avouer que l'interpellation à la 2ème personne ne m'a pas beaucoup émue) sont rapidement éclipsés par l'étape suivante de leur quête. 

Certes, il y a des facilités et des coïncidences qui nous font souvent sourire, mais Marc Levy reste un conteur hors-pair. Si vous souhaitez vous plonger dans un bon pavé qui vous emporte dans une aventure unique et passionnante pour épicer un peu votre quotidien en cette fin d'été, foncez sans hésiter.

Le premier jour et La première nuit, Marc Levy, Pocket, 494 p. et 487 p. Mon édition est une intégrale des deux tomes (864 p.)

vendredi 13 mars 2015

Axolot - Tome 1

Axolot, la bande-dessinée écrite par Patrick Baud et illustrée par une dizaine de dessinateurs est un objet que tout amateur d'histoires extraordinaires et d'anecdotes cocasses se doit d'avoir dans sa bibliothèque ! Pour ma part, c'est ma chère amie Axelle qui me l'a prêtée, mais je peux vous assurer qu'elle rejoindra mes étagères dès que l'occasion se présentera. Axolot, ce n'est pas seulement une bande-dessinée. A la base, c'est d'abord un blog et une chaîne Youtube, tous deux de grande qualité et sur lesquels je vous recommande vivement d'aller faire un tour. Un livre que je n'ai pas encore découvert a également été publié. Inutile de dire que je suis désormais très tentée ! Mais revenons à ce qui nous intéresse aujourd'hui, la bande-dessinée.


Ce cabinet de curiosités aussi original qu'intéressant est découpé en plusieurs parties. Il y a d'abord les petites histoires racontées en mini bandes-dessinées s'étalant sur plusieurs pages, avec parfois une note conclusive apportant des éléments supplémentaires à l'histoire. Le fait qu'une dizaine d'illustrateurs aient participé à sa réalisation lui donne un côté délicieusement éclectique. Vous y trouverez également beaucoup d'humour, souvent noir (et macabre, aussi), mais bien dosé. Le genre humain y est souvent tourné en dérision, et c'est assez savoureux !

Entre ces histoires, viennent s'insérer quatre rubriques aux sujets plus spécifiques : Bestiaire extraordinaire, 10 façons dont votre esprit vous manipule , 5 arbres hors du commun et enfin Cabinet de curiosités. Celles-ci regroupent différentes anecdotes, illustrées pour certaines, mais surtout racontées de façon plus concise que les précédentes. J'ai vraiment adoré ces quatre rubriques qui, combinées au reste font de cette bande-dessinée un objet unique. On pourrait craindre un ensemble décousu, mais ce n'est absolument pas le cas. Tout est cohérent, fluide et extrêmement singulier, signe que ce cabinet de curiosités vaut définitivement le détour ! De plus, vous y resterez un bon moment, car la bande-dessinée est assez copieuse, et il y a de quoi passer quelques heures à s'étonner en bonne compagnie.

C'est d'ailleurs typiquement le genre d'ouvrage à offrir et à partager. Avec son esthétique des plus réussies, et son contenu dense et captivant, il ne manquera pas de séduire tous ceux qui lui donneront sa chance.

 Axolot Tome 1, Patrick Baud, Delcourt, 2014,  128 p.


dimanche 22 février 2015

Charlotte

Il y a plusieurs semaines que j’ai refermé Charlotte, et je peux vous dire qu’il me hante toujours aujourd’hui. C’est un roman que je suis certaine de relire un jour, et pour tout vous avouer, j’ai déjà envie de le relire là, maintenant, tout de suite.

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Découpé en huit parties, le roman retrace la vie de Charlotte Salomon, peintre juive allemande. Nous la suivons depuis son enfance jusqu’à sa mort, exécutée à l’âge de 26 ans, alors qu’elle était enceinte. Charlotte grandit dans le milieu intellectuel et artistique berlinois. Tout en faisant face à un passé familial assez morbide, elle découvre sa passion pour l’art et entre à l’Académie des Beaux-Arts. S’ensuit la fuite en France au début des années 40. C’est là qu’elle réalisera son oeuvre autobiographique Leben ? oder Theater ? Le climat de l’époque baigne le récit, mais il ne prend jamais le pas sur la voix de l’héroïne. Nous vivons l’histoire à travers ses yeux, ce qui est d’autant plus bouleversant.

Mais Charlotte n’est pas uniquement un récit de vie. C’est aussi le récit d’un écrivain aux prises d’un sujet qui le fascine et qu’il a du mal à appréhender. Les paragraphes racontant l’histoire de Charlotte se succèdent et s’entrelacent aux anecdotes et confidences de l’écrivain sur le chemin qui l’a mené à écrire ce roman. Un peu à la façon de notes de bas de pages qui seraient intégrées au récit. Il explique sa connexion avec son héroïne, comment ce style bien particulier de rédaction s’est imposé à lui et les recherches qu’il a menées. L'auteur nous livre un très beau travail de mémoire. C'est passionnant, bouleversant et unique. Je vous le recommande chaudement.

Charlotte, David Foenkinos, Gallimard, 221 p.

mercredi 17 décembre 2014

Le dernier des cinq trésors

Plus qu'une semaine avant Noël ! Comme ça passe vite ! Je n'y pense pas trop car la simple idée d'enlever mon sapin me rend triste.

Je reviens aujourd'hui pour vous parler du tome 3 des Carnets de Cerise que j'ai lu il y a quelques jours et pour lequel j'ai eu un énorme coup de coeur.


L'histoire commence avec notre héroïne écrivant au Père Noël. Pas qu'elle y croit encore, mais elle souhaite lui demander ses conseils pour offrir à sa maman un cadeau spécial, un cadeau "qui la touche vraiment". Elle continue en nous racontant comment s'est passé le premier trimestre au collège et ce qu'il y a eu de nouveau dans sa vie dernièrement. Elle a notamment fait la connaissance de Sandra, une relieuse de livres qui passe régulièrement à la bibliothèque où Elisabeth, rencontrée quant à elle dans le tome 2, raconte des histoires. Sandra propose à Cerise et ses amies de venir à son atelier afin qu'elle leur explique son travail. C'est alors que les filles trouvent un paquet un peu spécial, "le premier des cinq trésors". Avec Sandra, à laquelle est destiné ce mystérieux cadeau, les filles vont partir en quête des autres trésors...

Je pense que c'est celui des trois tomes que je préfère. Outre le fait qu'il se déroule juste avant Noël, c'est celui dont l'intrigue fait le plus écho à l'histoire de notre jeune héroïne qui, comme Sandra, a perdu son papa. Les fêtes de Noël sont toujours une période difficile pour ceux qui ont perdu un parent proche, mais c'est aussi l'occasion de prendre un peu de temps et de se souvenir.  L'histoire est toujours aussi poétique et touchante, et les dessins "hivernaux" sont renversants. J'ai adoré la scène de décoration du sapin, et me prendre au jeu des traditions de Cerise et sa maman. Car si l'on en apprend davantage sur Sandra, c'est surtout de la relation entre Cerise et sa mère dont il est question ici. Une très belle réussite, une nouvelle fois. Si vous êtes à jour dans la série, ce dernier tome renferme l'histoire parfaite à lire le jour de Noël au pied du sapin. Je recommande vivement !

mercredi 3 décembre 2014

Le livre d'Hector

Ce sont les vacances. Erica est partie en colonie et Line est en visite chez son neveu. Pendant ce temps, Cerise tente de s'occuper l'esprit comme elle peut en observant le monde qui l'entoure avec la curiosité et l'imagination qu'on lui connait. Elle griffonne dans son carnet et nous raconte son quotidien, ainsi que les évènements qui se sont déroulés depuis l'aventure du zoo pétrifié. Mais un nouveau mystère s'est imposé à Cerise ! Une vieille dame prend le bus toutes les semaines à la même heure, seule, avec un objet ressemblant à un livre entre les mains. 1001 questions se bousculent dans la tête de notre héroïne, elle est d'ailleurs bien contente que ses amies rentrent de vacances pour éclaircir ces évènements des plus étranges !

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Avec un dessin toujours aussi enchanteur (certaines planchent conquerront le coeur des amoureux des livres, je vous le garantis!), Joris Chamblain et Aurélie Neyret nous livre ici un deuxième opus des plus réussis, et sans conteste à la hauteur du premier tome. C'est un véritable plaisir de retrouver Cerise, ses amies, sa maman et Mme Desjardins. L'histoire est quant à elle toujours aussi originale, peut-être moins poétique que dans le premier volet (difficile de faire mieux!), mais tout aussi réussie et particulièrement touchante. Une nouvelle fois, Cerise va venir en aide à une personne âgée enfermée dans sa solitude. J'aime beaucoup les histoires qui traversent et font se rencontrer plusieurs générations. On a tous à apprendre les uns des autres, et ça, Cerise l'a bien compris ! Cela ne l'empêche pas d'être maladroite, et de blesser ses proches, qui ont souvent l'impression que pour elle, seuls comptent les mystères ! Outre l'histoire principale, ce tome 2 est aussi l'occasion pour Cerise d'apprendre qu'il n'y a pas que les aventures dans la vie. Notre jeune héroïne va se rendre compte qu'il est tout aussi important d'accorder son attention à son entourage et de lui consacrer du temps, sans avoir systématiquement une idée derrière la tête !

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Si vous ne vous êtes pas encore laissés tenter par Les carnets de Cerise, je vous invite à le faire immédiatement ! Il serait tellement dommage de passer à côté de pareils petits trésors... En plus, ils feront de très beaux cadeaux de Noël ! Quant à moi, je vous reviens très bientôt avec mon avis sur le troisième tome qui vient de sortir et qui promet de nous plonger dans l'ambiance de Noël...



lundi 24 novembre 2014

Le zoo pétrifié

Dans ce premier tome, Cerise a environ 10 ans, et vit seule avec sa maman. Son rêve serait de devenir romancière comme son amie Mme Desjardins qui habite le village et l'encourage sur cette voie. Elle retrouve souvent ses deux meilleures amies, Line et Erica, dans leur cabane secrète perchée dans les arbres. C'est là que Cerise a aperçu pour la première fois celui qu'elle surnomme "Monsieur Mystère". Que peut bien mijoter ce vieillard aux vêtements tâchés de peinture, passant le matin accompagné d'animaux et le soir, revenant seul ?

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Son imagination fertile et sa curiosité invétérée mèneront Cerise sur les traces d'une aventure des plus adorables. C'est une enfant pétillante, intelligente et pleine de bonne volonté. Elle incarne typiquement l'héroïne à la fois mignonne et singulière dont le lecteur tombe immédiatement sous le charme. J'ai beaucoup aimé l'histoire qui est émouvante, et pleine d'originalité. Je garde un merveilleux souvenir de ma lecture qui m'avait accompagnée durant un trajet de train que je n'ai pas vu passer. J'ai été transportée par l'histoire, les personnages et l'univers. Car Les Carnets de Cerise est un vrai festin visuel. Les dessins sont inspirés, chaleureux et expressifs. Nul doute que ce petit bijou enchantera aussi bien les petits que les grands !