lundi 29 août 2016

La fin de l'été

Il fait plus frais aujourd’hui a la mer, et le soleil joue a cache cache aves les nuages que le vent bouscule de manière impolie. Une accalmie bienvenue après ces jours de chaleur en cette fin de mois d’août. Un pied de nez de l’été, sans doute, qui nous rappelle peu subtilement qu’il se moque bien des dates qu’affiche notre calendrier. Je profite de ces instants de répit et d’inspiration pour me remettre à bloguer et vous donner quelques nouvelles.

J’ai passé un très bel été, plutôt calme mais peuplé de bons moments, simples et doux, de ceux qui font selon moi tout le sel de la vie. Je n’ai pas pris de vacances hormis quelques journées ou après-midi deci-delà en famille ou entre amis. Au début de l’été, j’ai passé la barre décisive des 30 ans et ai été accueillie par tous les doutes et questionnements qu’un changement de décennie engendre. Et puis les semaines passent et on se rend compte que rien ne change vraiment. On se souvient que la vie n’est finalement qu’un vaste chaos incontrôlable duquel on prend le meilleur et on oublie le reste. On a tous une idée différente du bonheur et convoiter ce qui ne nous correspond pas par pure envie de se conformer à la société ou nourrir les vaines préoccupations d’un ego qui se sent soudainement malmené n’est certainement pas le chemin à emprunter. Je me concentre sur toutes les bonnes choses que la vie m’offre, et je suis franchement très loin d’avoir à me plaindre.


Ce n’est pas pour autant que je ne souhaite pas opérer quelques changements, à commencer par retourner sur les bancs de l'école. C’est une idée qui me trotte dans la tête depuis un moment, et j’attendais sans doute un dernier coup de pouce pour me lancer et prendre la décision de la concrétiser. L'idée d'apprendre de nouvelles choses et celle de changer mon quotidien m'enthousiasment, même si je sais que ça ne sera pas facile tous les jours. Au moins, j'aurais esssayé. Autre nouveauté qui va bien m'occuper au cours des prochaines semaines : la mise en place de mon propre club de lecture ! Avec une amie, nous avons décidé de nous lancer et de créer un vrai club de lecture ouvert à nos connaissances, et aux connaissances de nos connaissances. Une fois par mois nous devrions nous retrouver pour un petit-déjeuner en compagnie des livres. Quel régal !

Cet été n'aura pas été uniquement celui des questionnements et des envies de changements. Il aura aussi été un été littéraire riche en belles découvertes. Je ne sais pas encore si je vais prendre le temps de vous parler de toutes les lectures qui m'ont accompagnée durant ces deux derniers mois dans des billets séparés, mais voici en quelques mots tous les livres que je vous recommande. Juste après La guerre des mercredis dont je vous parle ici, je me suis plongée dans le premier tome des aventures de Sauveur & fils de Marie-Aude Murail, un roman jeunesse plein de charme et d'humour, qui aborde avec tendresse un certain nombre de sujets difficiles. Direction ensuite le sud des Etats-Unis, un endroit que, comme vous le savez peut-être, j'aime visiter aussi régulièrement que possible dans mes lectures. Les divins secrets des petites Ya-Yas de Rebecca Wells est un magnifique roman avec en son coeur une relation mère/fille compliquée et l'histoire d'une amitié féminine exceptionnelle. Et en peinture de fond, les paysages, la chaleur, les coutumes mais aussi la rudesse de la Louisiane. Dans L'improbabilité de l'amour d'Hannah Rotschild, nous nous retrouvons dans la capitale anglaise au coeur du monde de l'art, avec un célèbre tableau perdu de Watteau qui nous fait la conversation. Une lecture plaisante et plutôt drôle même si elle ne sera pas inoubliable.


Place ensuite à deux classiques du vingtième siècle qui furent tous les deux des lectures merveilleuses et que je vous recommande les yeux fermés : Le château de Cassandra de Dodie Smith et Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier. Le premier suit les aventures de Cassandra Mortmain, une jeune anglaise de 17 ans vivant dans un château délabré dans l'Angleterre des années 30. Le second quant à lui retrace la relation très ambivalente entre Philip et Rachel, la femme que son cousin Ambroise a épousée lors d'un voyage en Italie. J'espère avoir l'occasion de vous parler plus longuement de ces deux romans car ils valent tous les deux vraiment le détour ! Avec la sortie du numéro spécial du magazine Lire sur l'écrivain Roald Dahl, et l'adaptation sortie cet été, j'ai eu envie de me replonger dans l'univers extraordinaire de l'auteur en découvrant pour la première fois Le bon gros géant qui m'a tout simplement ramené 20 ans en arrière, à cette époque où j'empruntais certains de ses romans à la bibliothèque de mon village. Un délice ! Plus récemment, j'ai lu et adoré Museum of you de Carys Bray et Le journal secret d'Amy Wingate de Willa Marsh, deux romans très différents mais qui ont pour point commun l'Angleterre. Dans Museum of you, nous sommes du côté de Liverpool où nous rencontrons Clover, une jeune fille qui a décidé de mettre sur pied un musée dédié à sa mère afin de pallier le silence de son père concernant cette dernière. Simple et émouvant. Le Journal secret d'Amy Wingate est quant à lui une plongée au coeur des pensées d'une cinquantenaire solitaire et un peu acariâtre vivant dans une maison victorienne au bord de la mer... Je crois que tout est dit non ?

Et pour terminer, trois bandes-dessinées qui furent elles aussi un régal. Un océan d'amour de Wilfrid Lupano est une bande-dessinée muette superbe et captivante qui raconte l'histoire d'un couple de bretons sans histoire s'apprêtant à vivre des aventures incroyables ! Et enfin, quelques mots sur les deux premiers tomes de Bouche d'ombre de Carole Martinez et Maud Begon qui sont eu aussi un vrai ravissement ! On y fait la connaissance de Lou, une jeune fille qui prend conscience de son histoire familiale et des dons paranormaux dont elle a hérité. Les dessins sont merveillleux, et l'histoire intrigante et bien menée. J'ai eu une petite préférence pour le tome 2. Le troisième volet est programmé pour janvier prochain, j'ai hâte !


Ces derniers mois ont aussi été l'occasion de revoir la série Gilmore Girls, mais aussi quelques-uns de mes films préférés. Me concentrer sur du familier m'a fait du bien et m'a confirmé qu'il ne fallait pas toujours courir derrière les nouveautés. Ce qui me fait dire qu'il faut vraiment que j'accorde plus de temps aux relectures... J'ai également bu beaucoup de thé glacé, profité de la mer, passé une journée à Paris, et ai renoué avec mon enfance en jouant à Pokemon Go (et oui... !) en famille.

Voilà pour les quelques nouvelles que j'avais envie de partager avec vous ! J'espère que vous allez bien et que vous avez passé un aussi bel été que moi. J'espère vous retrouver bientôt par ici.

mardi 12 juillet 2016

La guerre des mercredis

La guerre des mercredis se déroule au début des années 60 aux Etats-Unis, et plus précisément dans la banlieue de New York. Holling Hoodhood, jeune collégien de son état, vient d'apprendre qu'il va passer ses mercredis en compagnie de son professeur d'anglais, Mme Baker. Voilà une nouvelle qui ne le ravit pas du tout, car Holling est certain que Mme Baker a une dent contre lui et va lui faire vivre un enfer ! Mais à côté des corvées d'usage, celle-ci a décidé de lui faire découvrir Shakespeare. D'abord dubitatif, notre héros va peu à peu y prendre goût et se rendre compte que son professeur ne lui veut finalement pas que du mal...


Ce roman jeunesse est une petite perle, pleine de justesse, de tendresse et de beaucoup d'humour. Entendre Holling déclamer des insultes shakespeariennes et comparer les petits drames de son existence aux pièces du dramaturge est un régal, tout simplement. Holling est un héros comme on les aime, et son flegme n'y est certainement pas pour rien ! Il est intelligent, entier, et plus courageux qu'il n'ose se l'avouer. Certaines scènes sont à mourir de rire, comme l'échappée des rats nommés Caliban et Sycorax, deux terreurs qui vont sévir durant toute l'année scolaire. Mais ce qui fait tout le sel du roman, c'est le regard que porte Holling sur la vie et son quotidien. Il a un sens de l'humour qui fait mouche, mais qui semble aussi être pour lui une façon d'appréhender certaines réalités qui ne sont pas faciles à accepter. Si la vie de notre héros est loin d'être difficile, elle n'est pas non plus toute rose. Il vit au sein d'une famille qui ne communique pas, chapeautée par un père autoritaire et indifférent. Holling trouve refuge dans le petite monde qu'il se construit, mais il va aussi peu à peu nouer de très beaux liens avec sa soeur, avec laquelle il fonde les bases d'une relation qu'on devine solide. Le contexte politique est lui aussi plutôt lourd à porter au quotidien. Nous sommes en pleine guerre du Viêtnam, et celle-ci touche tout le monde, peu importent les sentiments contradictoires qu'elle engendre.

Le roman est découpé comme une année scolaire, de septembre à juin. Cette construction plutôt simple offre par ailleurs beaucoup au récit. Il apporte dans un premier temps une bouffée nostalgique, d'une part parce que l'histoire se passe dans les années 60 et qu'on ne peut pas s'empêcher de se dire que la vie avait un autre rythme à cette époque, et d'autre part car elle vous fera repenser à votre enfance, et à la douceur et l'insouscience de ces années-là. Voir les mois défiler est aussi un moyen de s'imprégner des saisons, et du temps qui passe. De la longueur d'une année scolaire, mais aussi de la vitesse à laquelle elle passe. Parce que lorsqu'on arrive au mois de juin, on n'a qu'une hâte, c'est de retourner au mois de septembre et de repartir suivre ce personnage si attachant. Je vous laisse avec un passage parlant du mois de novembre que j'ai trouvé très beau, et qui donne une idée de la maturité de notre héros, mais aussi de sa façon de voir les choses, mêlant la poésie du quotidien à sa réalité parfois peu engageante.


"Mais novembre, c'est comme ça. C'est le genre de mois où vous appréciez n'importe quel rayon de soleil ou n'importe quelle trace de ciel bleu au-dessus des nuages, car rien ne garantit qu'il y en aura d'autres. Et, à défaut de soleil ou de ciel bleu, vous espérez qu'il se mette à neiger et que le paysage tout gris se pare d'un manteau blanc si étincelant qu'on en serait totalement aveuglé. Mais il ne neige pas à Long Island, en novembre. Il pleut. Il pleut sans discontinuer." 

Mais au-delà de tout ça, La guerre des mercredis est avant tout un roman qui parle de la beauté et de l'importance de certaines rencontres. Comment un professeur, au cours d'une année, peut apporter à l'un de ses élèves une ou plusieurs clés qu'il gardera pour le reste de sa vie, que ce soit en lui faisant découvrir une passion ou en lui apprenant à avoir confiance en lui. Cette histoire est celle d'une année dans la vie d'Holling, mais c'est surtout l'année où il a rencontré Mme Baker. Et on devine d'emblée que celle-ci restera à jamais gravée dans sa mémoire. J'espère vraiment vous avoir donné envie de vous intéresser à ce merveilleux roman dont la fin m'a beaucoup émue, et qui est devenue incontestablement l'un de mes romans jeunesse préférés. A lire et à relire, pour les petits et les grands.

♥ | La guerre des mercredis, Gary D. Schmidt (2007), L'école des Loisirs, 2016, 377 p.

jeudi 7 juillet 2016

The house on Mango Street

The house on Mango Street figure parmi les classiques du roman d'apprentissage, pourtant je n'en avais jamais entendu parler jusqu'à récemment. Je ne sais plus très bien où, mais ce qui est certain, c'est que j'ai drôlement bien fait de noter le titre et l'auteur, car ce mini roman est une petite perle, et je pense qu'il pourrait plaire à bon nombre d'entre vous qui lisez ce blog.


Sandra Cisneros ne nous raconte pas vraiment une histoire avec un début, un milieu et une fin, elle se fait se succéder toute une série de vignettes qui prennent la forme de chapitres très courts, ne dépassant parfois pas plus d'une demi page. Le contenu de celles-ci est assez divers, mais toutes ces petites touches délicates et poignantes ont pour point commun leur narratrice, Esperanza Cordera, une jeune fille qui vient d'emménager avec sa famille dans une maison sur Mango Street, un quartier hispanique de la banlieue de Chicago. Un peu à la manière d'un journal, Esperanza nous livre ses pensées, ses aspirations et ses questionnements. Elle tente de comprendre avec ses yeux qui ne sont plus tout à fait ceux d'une enfant, ni ceux d'une adulte, les comportements de ceux qui l'entourent. Elle nous parle beaucoup des femmes qu'elle côtoie au quotidien et qui l'influencent, tout en cherchant à s'en démarquer et à rêver d'une autre vie. Pourtant, les yeux d'Esperanza ne portent pas de jugements, et on sent en la jeune fille un farouche attachement à ses racines, même si ses envies d'émancipation et d'ailleurs restent prédominantes.

Extrait :
My name.
In English, my name means hope. In Spanish it means too many letters. It means sadness, it means waiting. It is like the number nine. A muddy color. It is the Mexican records my father plays on Sunday mornings when he is shaving, songs like sobbing.It was my great-grandmother's name and now it is mine. She was a horse woman too, born like me in the Chinese year of the horse - which is supposed to be bad luck if you're born female - but I think this is a Chinese lie because the Chinese, like the Mexicans, don't like their women strong.My great-grandmother. I would've like to have known her, a wild horse of a woman, so wild she wouldn't marry. Until my great-grandfather threw a sack over her head and carried her off. Just like that, as if she were a fancy chandelier. That's the way he did it.And the story goes she never forgave him. She looked out the window her whole life, the way so many women sit their sadness on an elbow. I wonder if she made the best with what she got or was she sorry because she couldn't be all the things she wanted to be. Esperanza. I have inherited her name, but I don't want to inherit her place by the window (...)

Le style de Sandra Cisneros est plein de poésie et de sincérité. Le roman est rythmé non seulement par cet ensemble de vignettes, mais aussi par la construction des phrases qui est particulièrement intéressante par ce qu'elle apporte en spontanéité et authenticité. Il y a énormément de poésie qui se dégage de ce récit, mais aussi beaucoup de lucidité, et c'est ce qui lui donne, selon moi, son côté unique. The house on Mango Street est une parenthèse dans la vie d'Esperanza qui nous fait découvrir ses pensées les plus intimes et poignantes, comme les plus légères. Toutes auront un rôle dans la femme qu'elle est en train de devenir, tout comme ses livres dont elle nous parle peu, mais dont la simple évocation traduit leur importance à ses yeux. Je sais que c'est un roman qui restera longtemps avec moi, un peu comme A tree grows in Brooklyn, dont l'héroïne n'est pas sans évoquer la jeune Esperanza. J'espère sincèrement qu'il sera un jour traduit en français, car c'est un petit bijou. En attendant, j'invite celles et ceux qui lisent en anglais à ne pas hésiter, vous ne le regretterez pas.

♥ | The house on Mango Street, Sandra Cisneros (1992), Bloomsbury Publishing, 2004, 110 p. Lu en anglais. Pas de traduction française à ce jour.

jeudi 30 juin 2016

Parenthèse enchantée

Si vous aimez voyager ou vous balader aux alentours de chez vous le temps d'une journée, je pense que vous devez connaître le bonheur de ce que j'aime appeler la "journée parfaite". Au cours de chaque voyage, il y a toujours une ou deux journées qui se démarquent, souvent par la facilité avec laquelle tous nos projets et envies se réalisent. Le temps est bien souvent aussi en notre faveur, et les horaires, pour une fois, semblent s'accorder à nos envies. Ces journées-là sont des journées parfaites, précieuses. Ce sont souvent celles dont vous vous rappelez lorsque plus tard vous repensez à votre voyage, ce sont ces journées-là qui ressortent de toutes les escapades que vous avez effectuées au cours de l'année. Et hier, j'ai eu la chance d'en vivre une. J'ai donc envie aujourd'hui de partager quelques images de cette belle journée ensoleillée passée entre Collonges-la-Rouge et Beaulieu-sur-Dordogne, respectivement un petit village et une petite commune situés dans la vallée de la Dordogne, en Corrèze.

Collonges-la-Rouge




La météo était parfaite, ensoleillée avec un peu de nuages nous offrant quelques instants de répit agréables. Le village est assez petit, mais tellement joli qu'il nous donne envie d'en faire plusieurs fois le tour. On y trouve de très jolies maisonnettes dans lesquelles on se verrait bien vivre, à l'ombre des glycines et à côté des massifs d'hortensias, un verre de thé glacé à la main et un livre sur les genoux (toujours). Des petites boutiques vous accueillent au fil des rues, et vous aurez l'impression de revivre les vacances de votre enfance, à cette époque où la moindre babiole avait le don de vous émerveiller. Nous avons mangé sur la plus jolie des terrasses ombragées, et dire que la cuisine était délicieuse fait partie de ces euphémismes qu'on aimerait utiliser tous les jours.




Beaulieu-sur-Dordogne

L'après-midi a commencé par le départ pour la ville voisine, située à vingtaine de kilomètres. Pour nous y rendre, nous avons emprunté de belles routes sinueuses et vallonnées, nichées au coeur de paysages verdoyants. Ces quelques kilomètres ont suffi à me donner envie de tout envoyer balader, et de partir sillonner la France le coeur léger. Beaulieu-sur-Dordogne est elle-aussi une petite ville magnifique située, comme son nom l'indique, au bord de la Dordogne. La luminosité, les paysages, et les bords du fleuve m'ont fait rêver d'une semaine à ne rien faire sinon me balader, et relire Avril enchanté d'Elizabeth Von Arnim au bord de l'eau, sur une grande jetée de coton bleue et blanche, avec un joli chapeau de paille sur la tête...




Je suis toujours plongée dans The improbability of love d'Hannah Rotschild dans lequel je n'ai pas beaucoup avancé, faute de temps. Mais l'autre soir, je n'ai pas résisté à l'appel du papier (je lis le premier sur ma Kobo le temps de mon séjour), et j'ai commencé l'un des romans que jai achetés il y a quelques jours : La guerre des mercredis de Gary D. Schmidt publié à l'Ecole des loisirs, et qui se révèle jusqu'ici être une vraie pépite (j'en suis à la moitié). Et vous, que lisez-vous ces jours-ci ?

Passez une belle journée !

lundi 27 juin 2016

#BibliophileMonday : Rebecca


Quoi de mieux pour un lundi matin que de se mettre de bonne humeur en contemplant ses livres ? Sur plusieurs billets, j'ai envie de vous montrer mes jolies éditions des romans de Daphné du Maurier. Voici aujourd'hui Rebecca dans l'édition Virago Modern Classics que je trouve absolument renversante. Pas vous ?

J'ai quatre de ses romans qui m'attendent dans ma bibliothèque que je n'ai toujours pas lus. Mais vous savez ce que c'est, le lecteur vorace manque toujours de temps... J'ai lu et adoré Rebecca il y a quelques années maintenant, mais l'année dernière Manderley for ever de Tatiana de Rosnay a grandement ravivé mon intérêt pour l'auteur, me rappelant qu'elle avait écrit de nombreux romans qui n'attendaient qu'à être dévorés eux aussi. Vous découvrirez donc lesquels dorment dans ma PAL au cours des prochains billets, et si l'envie d'une lecture commune vous prend, n'hésitez pas à me le faire savoir :-) 

Et de votre côté, avez-vous lu Rebecca ? Avez-vous également d'autres romans de l'auteur qui vous attendent ? Dites-moi tout ! 

Passez un bon lundi, et n'hésitez pas à partager vos jolies éditions avec le #bibliophilemonday !


vendredi 24 juin 2016

Friday night haul


Un petit billet du soir pour partager rapidement les quelques achats que j'ai faits aujourd'hui pour me consoler des résultats de Brexit... Je passe quelques jours chez une amie à Limoges, et si nous avons toujours pour habitude de faire des descentes en librairie lorsque nous nous retrouvons, ce matin c'était aussi l'occasion de trouver ce réconfort que seuls apportent les livres.

Voici des ailes, Maurice Leblanc
Les haines pures, Emma Locatelli
La guerre des mercredis, Gary D. Schmit
La fin d'une liaison, Graham Greene
Un peu de soleil dans l'eau froide, Françoise Sagan

C'est aussi l'occasion de partager ma lecture du moment : The improbability of love d'Hannah Rotschild (lien ). Et vous que lisez-vous ?

 Bon week-end à tous !


jeudi 23 juin 2016

The dressmaker


Je vous retrouve aujourd'hui pour un billet consacré à The dressmaker, un roman qui va très bientôt être réédité en français sous le titre Vengeance haute couture (sortie le 6 juillet prochain aux éditions Mosaïc). Une adaptation est également sortie cette année avec Kate Winslet dans le rôle titre, et c'est cette dernière qui m'a fait m'intéresser à ce roman dont je n'avais jamais entendu parler. Et comme j'ai bien fait ! J'ai beaucoup aimé cette lecture qui dégage bien plus que ce que son titre pourrait laisser paraître. Il serait dommage de lui coller l'étiquette d'un roman léger parlant de haute couture, car il n'en est rien. En tout cas, il n'est certainement pas que ça. 


Sans nouvelle de sa mère, Tilly Dunnage, devenue couturière de talent, décide de rentrer en Australie, et plus particulièrement à Dungatar, le village duquel elle a été bannie alors qu'elle n'était qu'une fillette. Comme elle s'en doutait, le retour est plutôt brutal et peu accueillant, mais les habitants ne peuvent s'empêcher d'éprouver une certaine fascination pour la femme qu'est devenue Tilly, sans parler de son élégance remarquable, et très moderne. L'envie dépassant la rancune et la jalousie, les femmes du village commencent à venir frapper à sa porte afin de lui commander des robes... La jeune femme y voit un moyen pour elle de se faire réintégrer au sein de la communauté et accepte volontiers ce nouveau rôle, mais est-ce réellement le cas ? 

Comme je le disais plus haut, si vous vous attendez à un roman sucré et léger, passez votre chemin. The dressmaker est avant tout un roman dur, que ce soit envers son lecteur comme envers ses personnages. Si les descriptions des tenues et des créations de Tilly, ainsi que des étoffes dont elle se sert apportent une touche de légèreté, il s'agit avant tout d'un roman plutôt cruel. Rien n'est épargné aux personnages qui pour la plupart sont tout simplement affreux et proprement détestables. Peut-être même un peu trop ? Lorsque l'on connaît enfin toute l'histoire qui se cache derrière le bannissement de Tilly, il est difficile de ne pas se dire que les habitants de Dungatar, à quelques exceptions près, manquent curellement de lucidité et d'intelligence.

Tilly est une héroïne que la vie n'a pas épargnée, et malgré son courage, elle ne parvient pas vraiment à se défaire de ce destin tragique qui la suit depuis sa plus tendre enfance. Je l'ai beaucoup aimée, et sa force, indépendamment de ses choix, est incroyablement inspirante. L'écriture de Rosalie Ham n'a rien de particulièrement exceptionnel, mais j'ai été assez conquise par l'habilité avec laquelle elle jongle avec toute la galerie de personnages qu'elle nous présente, même si je ne vous cache pas qu'il faut quelques chapitres avant de bien s'y retrouver. Mais je vous garantis qu'ensuite, vous prendrez un malin plaisir à suivre leurs aventures, et surtout leurs déconvenues... Le talent de l'auteur passe également dans les touches d'humour, souvent sarcastique, qu'elle apporte au récit. Si The dressmaker n'est pas forcément un roman qui me laissera un souvenir impérissable, je ne manque pas de vous le recommander. Il sera parfait pour cet été, si vous avez envie d'expérimenter un peu de cette chaleur australienne. Quant à moi, il ne me reste plus qu'à découvrir son adaptation ;)

★★★★ | The dressmaker, Rosalie Ham, Serpent's tail, 2000, 296 p.
Lu en anglais. Titre français : Vengeance Haute Couture.